Pour mesurer les apprentissages faits et consolider les valeurs partagées

2012 : La fusion des anciennes Régions 4 et 4 : un accouchement sans péridurale

La fusion a été préparée par deux rencontres de tous les Conseils des 7 paroisses. Ces rencontres ont permis de partager l’information sur les balises données par le Conseil synodal, et d’élaborer en deux temps de manière participative une organisation de la future région. Cette période a suscité de fortes réactions, d’inquiétude et de mauvaise humeur. Les acteurs des deux services communautaires Formation et Accompagnement ont fourni un intense travail pour proposer une organisation du catéchisme et de la jeunesse de la Région en deux pôles, dotés chacun d’un ministre de service communautaire à mi-temps, plus un MSC à mi-temps pour les Jacks, les ministres paroissiaux prenant eux aussi une part au catéchisme.

Néanmoins, ces rencontres ont permis de s’accorder sur un modèle élaboré par le Conseil régional.

La paroisse de Colombier-Vullierens, seule de la Région 4 à un seul poste ne parvenant pas à renouveler son Conseil, a été dissoute. Colombier et St Saphorin ont été rattachés à Morges-Echichens, Clarmont au Pied du Jura, et Vullierens, Aclens et Bremblens à Lonay-Préverenges. Cette dernière s’est battue pour obtenir un demi-poste supplémentaire afin de pouvoir intégrer les trois nouveaux villages. Elle l’a obtenu jusqu’en 2017.

Jusqu’à la mise en œuvre du fichier AIDER, la Région 4 bénéficiait de Fichiciel, intégrant les fichiers paroissiaux dans un fichier régional. Les deux nouvelles paroisses ont pu y être intégrées aussi. C’était sans doute la seule, ou en tous cas la première région bénéficiant de cet outil.

La même « dotation disponible » pour tous !

De 19 postes en 2012, la nouvelle région Morges-Aubonne devait passer à 16 EPT en 2018. Cette réduction était planifiée et devait être progressive. Un système de calcul de la dotation disponible pour les besoins et les buts propres à chaque paroisse a été établi, garantissant une équité entre les paroisses. Les tâches régionales ont été réparties entre les ministres, de manière à équilibrer la sur ou sous dotation des paroisses, calculée en fonction du nombre de protestants et de la dispersion. La réduction s’est effectuée au gré des départs de ministres.

   

Fusion des cultures des régions

La Région 4 était une grande région dotée de moyens régionaux, la Région 3 une petite région fonctionnant beaucoup plus sur le bénévolat, dans une très grande proximité. La fusion des cultures a pris 2-3 ans, ne s’est pas faite sans difficulté, particulièrement au sein du CSCFA. Trois ans pendant lesquels le Conseil régional a porté une attention particulière aux liens avec ce dernier.

Stabilisation de l’effectif ministériel

Jusqu’en 2015, avec la réduction de dotation, il y a eu passablement de changements de ministres, puis l’effectif s’est stabilisé, permettant d’affiner les coopérations. Un sérieux bémol toutefois dans la paroisse de Gimel-Longirod, où les repourvues se sont mal passées, avec des périodes de vacance importantes et difficiles. En 2017, l’ORH n’est plus en mesure d’assurer le remplacement de postes vacants, ce qui suscite pas mal de colère parmi les ministres et les Conseils.

Une identité régionale qui se construit au gré d’événements régionaux.

Après la fusion des régions, le conseil régional a souhaité créer un événement régional, pour donner l’occasion aux paroissiens de la nouvelle région de se rencontrer. Une fête régionale 2013 a été organisée le 29 septembre, assez ambitieuse, avec repas, animations l’après-midi, et pour finir une Thomasmesse. L’événement a rassemblé plus de 200 personnes pour la thomasmesse, environ 250 personnes en tout. La fête a mobilisé pas mal de forces bénévoles, venant bien sûr des paroisses. Dans le bilan de la fête, une certaine concurrence avec les activités paroissiales a été relevée. Un troupe de réflexion a conclu de la manière suivante sur la raison d’être d’un événement régional. Il répondait à la question suivantes:

« Comment, d’où je suis, ministre, laïc, membre d’un conseil ou pas, je serais motivé par des événements régionaux et lesquels »

Enjeux tournés vers l’intérieur de l’Eglise : –  Rassembler à une échelle plus grande des gens avec qui partager sa foi 
 –  Prendre conscience des forces, encourager dynamiser. 
 –  Mettre en valeur tout à tour les paroisses 
-  Ne pas concurrencer les paroisses 
-  nourrir 
les participants.

Enjeux tournés vers l’extérieur de l’Eglise 
 : –  Rendre visible 
-  Répondre à des intérêts psycho-affectifs autres, auxquels les cultes traditionnels ne répondent 
pas. 
-  Nourrir

Le groupe suggérait les formes possibles suivantes : Lecture continue de la Bible, Marche de l’unité pélerinage, concert rock par et pour des jeunes, aspect musical, comédie musicale, théâtre.

Pour le résumer en quelques phrases : des événements régionaux devraient être d’une autre nature que ce qui se fait en paroisse pour ne pas concurrencer, permettre de fraterniser, rendre visible le témoignage de l’Eglise, encourager en prendant conscience des forces, rassembler avec un projet enthousiasmant, répondre à des intérêts psycho affectifs autres que les activités paroissiales. Une idée un peu différente est aussi apparue : un projet régional devrait mettre en valeur tout à tour les paroisses.

L’évènement régional suivant fut la Passion selon saint Marc, Kaiser, à Vendredi Saint 2015. Un chœur ad hoc a été constitué qui a rassemblé 110 chanteurs, pour répéter et interpréter cette passion peu connue, sous la direction de Thierry Daenzer, avec l’orchestre baroque de Joux. Des extraits de la passion étaient intégrés dans le culte de vendredi saint au temple de Morges, et un concert donné l’après-midi. Ce fut un belle expérience pour les chanteurs, dont nombre de néophytes, et un joli succès populaire, avec un temple archi plein pour le concert. Ce fut aussi l’occasion de créer l’ASACREMA, pour la recherche de fonds, association qui continue de soutenir des projets culturels de la Région ou des paroisses. Avec le soutien de quelques communes, l’événement fut aussi l’occasion finalement de gagner de l’argent.

De nouvelles expériences de partenariats

 

La Passion 2015 fut l’occasion d’expérimenter un partenariat avec des gens hors du cercle des pratiquants : le directeur de chœur qui a offert sa prestation, les choristes de bords divers, l’orchestre, les fondations qui ont subventionné, la presse, ce fut aussi l’occasion de créer un site web dédié, à l’intérieur du site EERV, et de recueillir les inscriptions par formulaire informatique. Cf. Passion

Célébration œcuménique régionale au Rosey en 2015 : partenariat avec le collège du Rosey

Sous l’impulsion de l’Abbé Edgar Imer, la plateforme œcuménique régionale a été créée en 2013. Elle fut le lieu où a germé la reprise des célébrations oecuméniques régionales de l’ancienne Région 3. Le projet a débouché sur une célébration au collège du Rosey au Jeûne fédéral 2015. Les paroisses ont accepté de renoncer au culte local au profit de cette célébration régionale. Belle expérience de partenariat avec l’école du Rosey, qui a rassemblé entre 600 et 700 personnes. Et suscité beaucoup de plaisir. Voir diaporama sur morgesaubonne.eerv.ch. Décision a été prise dans l’évaluation de reconduire une telle célébration, dans deux ans.

La Cuvée de la Réforme en 2017 : partenariat avec les vignerons et les artistes

C’est au printemps 2015 que l’idée est née dans le cadre des formateurs d’adultes, Etienne Guilloud parlant de la brassée Castellion réalisée dans les Franches Montagnes. Au début 2016, les vignerons encaveurs ont été sollicités de donner du raisin de la récolte 2016, et d’accueillir des manifestations dans leurs caves en 2017, jubilé de la Réforme. 3500 bouteilles ont été réalisées, avec leurs étiquettes et cravates, 25 manifestations ont eu lieu, et une deuxième édition de 3500 bouteilles à été réalisée. La cuvée de la Réforme s’est vendue dans d’autres paroisses, et même d’autres cantons. Elle a eu un bon écho médiatique. Les rencontres ont été belles et ont laissé de beaux souvenirs. Voir cuvee-de-la-reforme

Toute l’opération a aussi laissé un bénéfice financier appréciable, fruit de beaucoup de travail. La complémentarité des compétences a été une belle réussite dans l’équipe de pilotage, avec deux théologiens, Claire Clivaz et Etienne Guilloud, un œnologue, Philippe Corthay, et un organisateur, François Paccaud.

Une culture de la solidarité apparaît peu à peu

Les rencontres de présidents et trésoriers ont pour but d’échanger des nouvelles et des expériences, et aussi de communiquer autour du budget. Il apparaît que certaines paroisses possèdent des immeubles qui génèrent des revenus, tandis que d’autres n’ont que les offrandes et les actions de recherche de fonds pour se financer. Comment tenir compte de cette disparité ? Une idée émise par le trésorier de Morges-Echichens est adoptée par les personnes présentes : préférer la liberté du don à la « taxation ». Dès 2013 ou 2014, le concept de contribution solidairement responsable est créé pour tenter de résoudre le problème de la disparité des ressources financières des paroisses. Un 20% de la contribution à la Région est appelé contribution solidairement responsable : une rencontre des présidents et trésoriers avec le Conseil régional permet, au moment du bouclement des comptes, de décider qui peut mettre combien de ces 20%. Par la suite, certaines paroisses ont pu les verser sans problème d’autres en ont été dispensées. Certaines années, le bénéfice de la Région a permis de dispenser toutes les paroisses de cette part solidairement responsable.

Cet élan de solidarité s’est traduit aussi par des dons entre paroisses. Une paroisse en difficulté financière s’étant vu attribuer le bénéfice régional d’une année, a tenu l’année suivante à rendre à la Région la somme qui lui avait pourtant été donnée et non prêtée.

Parallèlement, le budget de la Région, notamment au niveau des salaires, a sensiblement diminué. Le budget de fonctionnement de la Région était de 160’000 en 2013 , après la fusion des régions, et il est de 104’000 pour 2019. La diminution est de 35%.  Le budget FA 2013 était de 93’000.-, il est de 47’000.- pour 2019. La diminution est de 49,5%. Si la dotation des postes régionaux n’a pas diminué, l’activité générée par FA spécialement, ou plutôt le flux financier, a diminué de moitié. Cela ne signifie pas que les ministres de service communautaire travaillent moins ! Par contre leur travail est devenu plus difficile et plus ingrat. 

2016 Prise de conscience que les ministres n’arrivent pas à suppléer à un poste vacant.

Au printemps 2016, une discussion au colloque des ministres a recherché des moyens de s’organiser pour venir en soutien à une paroisse ayant un poste vacant. Dans un climat serein, le ministres ont imaginé diverses manière d’exercer ce soutien. Six mois plus tard, il se trouvait que contre toute attente, une paroisse avait un poste vacant. La discussion reprise en colloque régional n’a pas permis d’organiser ce soutien. Les ministres disant : nous ne pouvons pas travailler pour une autre paroisse sans l’accord de notre Conseil. Le 3 février 2017, les Conseils ont été réunis par le Conseil régional pour explorer ensemble les manières possibles d’avoir une solidarité. Le modèle des paroisses subsides, ou partenaires a été encouragé, dans un premier temps, cela consiste à économiser des forces ministérielles en regroupant certaines activités sur deux paroisses : par exemple préparations collectives de mariages et de baptêmes, un ministre célébrant pour deux paroisses certains dimanches des vacances d’été. Les Conseils ont pris conscience d’une solidarité nécessaire.

En 2016-17, le non remplacement d’un congé maternité par l’ORH a suscité de l’incompréhension et de la colère, mais aussi le sentiment d’une nécessaire solidarité régionale. Le message officiel de l’ORH est que dans la situation de pénurie ministérielle annoncée pour ces prochaines années, l’ORH ne pourra plus fournir des remplaçants, et qu’il faudra se débrouiller en équipe régionale de ministres. Le Conseil régional a souhaité anticiper cette situation annoncée en imaginant des manières de s’organiser. Il a présenté deux modèles à l’AR d’automne 2017, intitulés « paroisses subsides » et « Maillage ».

La non entrée en matière du Synode de mars 2018 concernant la répartition des postes dans les 5 enveloppes a conduit le Conseil régional à mettre en œuvre la demande faite lors de l’assemblée de constituer un groupe de travail pour travailler à ce problème de manière participative.

2018 : une étape significative de la conscience d’un destin commun.

Le groupe de travail a œuvré de mai à octobre 2018. Il a beaucoup travaillé sur le renouvellement de l’activité de l’Eglise, ce qui lui a été reproché, des paroisses estimant qu’elles seules ont à réfléchir au renouvellement de leur activité. Des pistes de renouvellement ont néanmoins été présentées à l’AR de novembre 2018, qui en a pris acte, « comme impulsion et suggestion à l’Ensemble régional pour économiser les forces ministérielles et renouveler l’activité de l’Eglise »